Quand le snowboard était le roi des pistes


Oui, on se fait peur. Y a des moments où ça passe du paradis à l’enfer en quelques secondes On venait marcher sur les plate-bandes du ski. Ça a été longtemps la guéguerre entre le ski et le snowboard A l’époque, on voyait pas mal de
personnes qui mettait un vieux pantalon de ski dessous et un énorme jeans baggy de skate par dessus C’était à qui sautait le plus haut et le plus loin Les snowboarders dans les années 90 prenaient tous les risques et défrichent ce qui allait devenir un sport olympique. C’était un mode de vie, avec ses codes, ses fêtes et ses héros. Nous sommes parti sur les traces de ces anciens rebelles des pistes. Jean-François Cattaneo fut l’un des premier rider pro de suisse. Pendant 7 ans, il a vécu de sa passion… ça a commencé par le skate, vers 13-14 ans A 17 ans, il y a un ami qui est venu vers moi me montrant des objets bizarres en polyester qu’un gars de Clarens avait fait Il avait fait un voyage en Amérique et il avait vu ces “snowboard” de l’époque Il avait voulu faire quelque chose de similaire On a construit un saut derrière son chalet et on a commencé à sauter à se casser la gueule, à avoir beaucoup de plaisir J’ai eu mon pro model chez wild
duck pendant 7 ans? 8 ans? peut-être 9? On m’a dit une fois que j’aurais été le rider de la même marque avec le plus de pro model Craig Kelly en a eu un très longtemps chez Burton. Voilà. Je suis dans les tops avec ça – C’est super – Une légende il y avait le côté, un petit peu rebelle de la chose On était pas forcément accepté partout Les gens pensaient que c’était une mode pour un saison ou deux. Mais finalement c’était un vrai sport Un sport qui est aux jeux olympiques maintenant J’aimais beaucoup faire des backsides 180
des bacs 580 ont commencé à sortir des On commençait à faire des “gros 360” sur des petites tables 15-20 mètres Dans notre équipe on était pas mauvais mais on était bien rigolards Le côté rebelle… justement je pense que le fait de pas être acceptés ça nous mettait déjà un petit peu en
dehors de la station donc on voulait montrer aussi peut-être aux gens qu’on
existait donc on faisait pas mal de bruit on rigolait bien. On se faisait plein de farces En plus il y avait quelque chose à créer il y a eu des bonnes réussites dans
certaines courses pour moi Je m’en souviendrais toute ma vie Ischgl, j’ai fini huitième du championnat du monde je m’y attendais pas du tout et puis ça
s’est bien passé Quand on parle de snowboard en Suisse, il faut en revenir aux origines. Ces fous qui construisaient eux-même leur planche. Serge Baud était de ceux la, en 1981 il crée la marque wild duck Il y avait déjà des choses qui se passaient aux Etats-Unis avec Jack Burton et Tom Sims On était un groupe d’amis bricoleurs On se disait que le ski c’est cool, mais pas assez cool. On faisait du skate J’ai plus tellement le look skate Il fallait qu’on trouve le moyen de faire un engin qui se rapproche des sensations du surf sur l’eau Les premiers, c’étaient des plateaux, c’était du grip, des footstep de planche à voile des sangles en caoutchouc, même des sangles de skis nautiques On glissait dedans avec nos moonboots On prenait des risques énormes, avec des vitesses énormes Avec des chaussures qui étaient complètement inappropriées C’est un bout de chaussure de ski qu’on a découpé On a adapté des boucles. C’était l’usine à gaz Dans la courbe, ça sortait comme ça et ça faisait des gerbes de 10-15 mètres ! On avait une ferme à Bussigny On construisait la nuit dans une étable. On avait nos jobs. On se retrouvait tous les soirs pour construire nos engins. Au départ, c’était pour les copains On avait beaucoup de demande On faisait ce qu’on pouvait faire On a produit à la main jusqu’à 400 snowboards par année. C’était semi-industriel C’était difficile. On faisait ça la nuit. A côté de notre job. On avait tous deux jobs Quand on a vu que ça a commencé à
fonctionner, on a commencé à chercher de l’argent On était un peu considéré comme des rebelles Les années rebelles, c’était
là ! Parce que les stations de ski voulait pas nous voir On a eu beaucoup de problème à imposer le sport Au début des années 90, les jeunes urbains arrivent en force sur les pistes. Avec un nouveau style, une nouvelle attitude. L’idéal n’est plus de reproduire sur la neige la sensation du surf, mais de retrouver l’esprit du skate. Une petite marque vaudoise incarne cette période. c’est Peach. Peach ça a démarré en 1993 sur un marché européen qui était essentiellement basé sur les fixations “plaques” avec des chaussures de ski Très peu de planches de freestyle C’était une des premières marque européenne 100% dédié au freestyle Le côté rebelle qu’on associe encore au snowboard Il y a eu beaucoup de snowboarders qui sont venus
au travers du skateboard qui est un vrai sport à la marge On a vu débarquer sur les pistes de ski, qui était plutôt un environnement soit
d’alpinistes, de montagnards, ou de personnes relativement fortunés qui
venaient faire ce type de loisir on a vu débarquer des jeunes très
très urbain en jeans avec leur snowboard et c’était, je pense, juste une manière
naturelle pour la plupart de ces riders de se comporter. Il n’avait pas du tout
une culture alpine Il y avait un gros combat entre les
fédérations. La fédération qui détenait le snowboard c’était une fédération 100% snowboard et la fédération de ski qui a commencé à faire des événements de
snowboard au début personne n’y allait pas ce
qu’il y avait aucune crédibilité donc le niveau était super bas et puis un moment
comme c’est la fédération de ski qui a eu les droits pour amener les riders aux jeux olympiques pas mal de riders se sont dit bon ben si je veux aller aux
JO je dois aller faire ces épreuves de la fédération de ski. Et là, on a commencé à avoir un déplacement de pas mal de riders naturellement certains riders ont
complètement boycotté tout ça mais beaucoup de riders ont pas résisté, pour
des raisons sportives ou financières, à l’appel de ce monde du ski et il y a aussi pas mal qui ont quitté les petites marques de snowboard
pour signer chez des des grandes marques de ski ce qui a commencé à donner de la
crédibilité aux marques de ski et puis là l’industrie a gentiment changé et
puis les marques de ski ont commencé à prendre de plus en plus de contrôle sur
le marché du snowboard et c’est là qu’on a senti un peu la fin de cette ère assez créative du snowboard et puis l’arrivée du ski. D’une approche un peu plus industrielle dans le milieu Avec la démocratisation du snowboard, les petits shops spécialisés ouvrent Et les jeunes talents trouvent leurs premiers sponsors la volonté était clairement de développer, d’aider ces kids qui voulaient rider et qui avaient un potentiel et puis de leur permettre d’accéder un
peu à leur rêve et de les pousser Au travers de ces team riders qu’on a eu à Boarder’s park La volonté c’était qu’ils puissent rider Y en a très peu qui ont réussit à vivre de leur passion mais de vivre leur passion pas d’en vivre mais de vivre et je pense là
c’était important et sur le moment on se rend pas compte qu’on fait un peu l’Histoire C’était aux Crosets, il fait un énorme “Method” sur un quarter 90 On était réunis pour shooter ça pour un magazine. Ça fait toujours plaisir quand un team rider se retrouve avec
une page dans un magazine comme snowsurf Au’est un petit peu la référence en matière de snowboard francophone On a eu souvent des jolis succès et des belles collaborations Je pense à Pierre Michelloud, qui est de Prangins Après il a eu un contrat pro chez Hammer et Westbeach C’était ça quoi. La personne après même si elle snowboardait au quatre coins de la planète train de saborder aux quatre coins de la
planète quand elle était ici ben elle Quand elle était ici, elle passait te serrer la main, te dire c’était cool Le truc super c’est que malgré les contrats pro, ils gardaient ton sticker Finalement je leur filais juste le t-shirt du magasin ou le sweat Mais eux ils étaient fiers de représenter le magasin C’était un peu la personne qui leur avait donné leur chance J’ai toujours aimé le freestyle, après le freeride, mais à l’époque c’était le freestyle C’était de pouvoir faire des sauts, de faire un peu le singe sur la piste Au début, on était considéré, les gars en boots, comme pas crédible Quand j’ai fait mon jeunesse et
sports je pense sur les 25 personnes qui étaient là en 1991 On était trois en boots. Donc ça donnait une bonne idée par contre c’est clair le dernier jour était consacré au freestyle On leur a montré qui sont les patrons !!! et ça c’était super cool A l’aube de l’an 2000, les jeunes lâchent gentiment le snowboard et se tournent vers un ski nouveau, plus cool, plus freestyle. Chez wild duck, on sent le vent tourner et on lâche le snowboard pour créer la marque de ski movement… Ce qu’on a fait pendant 10 ans ça a inspiré le ski Le carving ne vient pas du ski. Le fait d’avoir une cote taillée vient du snowboard le ski à l’époque n’était pas du tout dans cette optique là Les skis étaient droits, on dérapait alors que nous on conduisait. On était capable de faire une courbe parfaite Il y a une histoire qui est assez incroyable bon je peux en parler maintenant il y a
prescription c’est que au Rochers-de-Naye il y a une gare de train à Jaman Vouy voyez la buvette de Jaman? Vous voyez le vide Il y a les voies de chemin de fer, la buvette On avait fait une piste d’envoi et on avait fait un saut par dessus les voies Ça faisait un saut, vous êtes un moment donné à 40 mètres sol Et on tombait dans la pente comme ça mais pour ça on avait fait couper l’électricité On avait rien dit. On avait simulé une panne sur la ligne de Montreux – les rochers-de-naye pour qu’on puisse pas prendre le risque de
se faire attraper avec la ligne haute tension et puis on savait pas finalement si on allait passer si on avait assez d’élan, puisque la buvette se situe à ras la montagne Y en a quelques-uns qui ont sauté. Je crois que ça c’est le plus gros truc qu’on ait fait donc c’était complètement inconscient, un
peu stupide, mais bon on l’a fait Il n’y a pas eu de blessé, ça c’est
jamais refait mais c’était un truc un peu fou Le snowboard n’est pas mort. C’est désormais à ceux qui l’ont pratiqué de le remonter de la cave

Antonio Breitenberg

Related Posts

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *